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Commentaire
Charles Haddon Spurgeon (1834 – 1892)
Étant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu. La conscience n’accuse plus. Le jugement rendu est désormais en faveur du pécheur, et non plus contre lui. La mémoire se souvient des péchés passés, et elle en éprouve une profonde tristesse, mais elle ne redoute plus une sanction à venir. Car le Christ a intégralement payé la dette de son peuple, jusqu’au plus petit iota ou la plus petite virgule, et Dieu lui-même en a signé le reçu. Dieu pourrait-il être injuste au point de faire payer deux fois la même dette ? Non, aucune âme pour laquelle Jésus a donné sa vie, en substitut, ne saurait être jetée en enfer ! Nous croyons que Dieu est juste : c’est un des principes essentiels de notre nature éclairée. Nous ressentons qu’il doit en être ainsi et, dans un premier temps, cette réalité nous remplit de terreur. Mais ô merveille, cette même assurance que Dieu est juste devient ensuite le pilier qui soutient notre assurance et notre paix ! Si Dieu est juste, alors moi, un pécheur seul et sans substitut, je dois être puni. Mais Jésus prend ma place, et il est puni pour moi. Maintenant, si Dieu est juste, le pécheur que je suis, qui se tient en Christ, ne peut jamais être puni. Il faudrait que Dieu change de nature avant que la Loi ne puisse frapper la moindre âme à qui Jésus s’est substitué. Ainsi donc, Jésus ayant pris la place du croyant, ayant pleinement satisfait la colère divine pour tout ce que son peuple aurait dû souffrir à cause de son péché, le croyant peut s’écrier triomphalement : « Qui accusera les élus de Dieu ? ». Ce n’est pas Dieu, car il a justifié ; ce n’est pas le Christ, car il est mort, « bien plus, il est ressuscité ». Si mon espérance est vivante, ce n’est pas parce que je ne suis pas un pécheur, mais parce que je suis un pécheur pour qui le Christ est mort. Si je suis confiant, ce n’est pas parce que je suis saint ; c’est parce que je ne le suis pas, mais le Christ est ma justice. Ma foi ne repose pas sur ce que je suis ou serai, sur ce que je ressens ou sur ce que je sais, mais plutôt sur ce que le Christ est, sur ce qu’il a fait, et sur ce qu’il est aujourd’hui en train de faire pour moi. L’espérance est une cavalière de belle allure qui chevauche le lion de la justice.