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Commentaire
Jean Calvin (1509-1564)
Nous affirmons que, qu’importe la nature de l’œuvre accomplie par l’homme, celui-ci est considéré comme juste devant Dieu uniquement sur la base d’une miséricorde non méritée. Dieu en effet, sans tenir compte des œuvres de l’homme, l’adopte librement en Christ, en lui imputant la justice du Christ comme si elle était sienne. C’est ce que nous appelons « justification par la foi » : l’homme, après avoir abandonné toute forme de confiance en ses œuvres, est convaincu qu’il n’est accepté par Dieu que sur le seul fondement d’une justice qui n’existe pas en lui-même mais qu’il emprunte au Christ. Il existe un domaine dans lequel le monde entier s’égare (et cet égarement a prévalu à travers presque tous les âges) : s’imaginer que l’homme, aussi imparfait qu’il puisse être, mérite tout de même, dans une certaine mesure, la faveur de Dieu grâce aux œuvres qu’il accomplit […] Dieu nous réconcilie avec lui, non pas grâce à nos œuvres, mais grâce au Christ seul, et par une adoption non méritée, il fait de nous ses propres enfants, nous qui étions des enfants de colère. Aussi longtemps que Dieu regarde à nos œuvres, il n’y voit aucune raison qui l’inciterait à nous aimer. C’est donc pour cela qu’il lui faut enterrer nos péchés, nous imputer l’obéissance du Christ - qui seule peut résister à son examen - et nous adopter en tant que justes à cause des mérites du Christ. Voici la doctrine claire et unique des Écritures, « attestée » comme le dit Paul « par la Loi et les prophètes » (Romains 3 : 21).