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Commentaire
J. C. Ryle (1816 – 1900)
Que cela soit bien clair dans notre esprit : le repas du Seigneur ne fut pas donné comme moyen de justification ou de conversion. Il n’a jamais été destiné à apporter une grâce là où la grâce n’était pas encore présente, ou à accorder le pardon à celui qui n’en bénéficiait pas déjà. Il ne peut en aucun cas pallier le manque dû à l’absence de repentance vis-à-vis de Dieu et de foi dans le Seigneur Jésus-Christ. C’est une ordonnance pour celui qui se repent, pas pour l’impénitent, pour celui qui croit, pas pour le non-croyant, pour celui qui s’est converti, pas pour l’inconverti. L’homme inconverti qui pense avoir trouvé un raccourci vers le paradis en prenant part au sacrement, sans fouler les vieilles marches de la repentance et de la foi, découvrira un jour à ses dépens qu’il s’est totalement mépris. Le repas du Seigneur a été instauré pour accroître et assister la grâce que possède un homme, non pas pour conférer une grâce qu’il ne possède pas. Sa finalité n’a certainement jamais été de nous réconcilier avec Dieu, de justifier, ou de convertir.
La manière la plus simple de décrire la faveur que peut s’attendre à recevoir celui qui prend part au repas du Seigneur avec un cœur sincère serait de dire : son âme sera affermie et rafraîchie. Il aura une vision plus claire du Christ et de son expiation, une vision plus claire des fonctions remplies par le Christ en tant que notre médiateur et notre avocat, une vision plus claire de la complète rédemption que le Christ a obtenue pour nous en mourant à la croix à notre place, une vision plus claire de notre acceptation parfaite et totale en Christ devant Dieu. Mais aussi de nouvelles motivations vers une repentance sincère face à son péché, de nouvelles motivations pour une foi vibrante, de nouvelles motivations pour vivre une vie sainte, consacrée, à l’image du Christ. Voici quelques-unes des principales retombées auxquelles un croyant peut assurément s’attendre lorsqu’il participe au repas du Seigneur. Celui qui mange le pain et boit le vin avec un esprit bien disposé se trouvera attiré dans une communion plus intime avec le Christ, et aspirera à le connaître davantage, et à mieux le comprendre.
En mangeant ce pain et en buvant cette coupe, un tel homme verra sa repentance s’approfondir, sa foi grandir, sa connaissance s’étendre, sa discipline de marche dans la sainteté s’affermir. Il se rendra davantage compte de la « présence réelle » du Christ en son cœur. En mangeant ce pain par la foi, il se sentira plus intimement en communion avec le corps du Christ. En buvant ce vin par la foi, il se sentira plus intimement en communion avec le sang du Christ. Il verra plus clairement ce qu’est le Christ pour lui, et ce qu’il est pour le Christ. Il comprendra plus en profondeur ce que signifie être « un avec le Christ, et le Christ un avec lui. » Il sentira que les racines de la vie spirituelle de son âme ont été arrosées, et que l’œuvre de la grâce dans son cœur s’est fermement établie, nourrie, et multipliée. Toutes ces choses peuvent sembler folie à l’homme naturel, mais pour un chrétien véritable, ces choses sont lumière, force, vie et paix.