« Je faisais toujours plus d’efforts et je prenais du retard… alors que j’avais un potentiel énorme . » Voilà le calvaire de l’adulte avec un TDAH[1]. Chaque jour est une nouvelle occasion d’échouer. C’est garanti. Vous le verrez, et quelqu’un d’autre s’assurera que vous le voyiez aussi. « Intelligente… mais elle ne s’est jamais investie. » « Il sait ce qu’il faut faire… mais il ne termine jamais rien. » Ces phrases figureront dans leurs avis de décès.
Il existe de nombreuses sources d’information où vous pouvez trouver des détails et des débats sur le TDAH de l’adulte. Je proposerai ici quelques principes et pistes de réflexion pour guider ceux qui souhaitent que Jésus soit au centre et au-dessus de tout.
Être diagnostiqué TDAH à l’âge adulte peut être une expérience exaltante.
Après avoir passé votre vie à vous sentir différent (et pas en bien), les descriptions du TDAH correspondent à votre vécu et vous font comprendre que vous n’êtes pas simplement paresseux. C’est, en effet, une excellente nouvelle. Vous découvrez une communauté de personnes qui vous ressemblent, qui vous comprennent grâce à leur propre expérience et qui vous offrent leur compassion, ainsi que quelques pistes utiles. On a tendance à sous-estimer combien il est agréable d’être enfin compris.
Les médicaments pour le TDAH vous donnent l’espoir d’une vie différente.
Si vous décidez d’essayer un traitement médicamenteux, vous en constaterez souvent les bienfaits. Une fois habitué(e), ces bienfaits seront progressifs et peut-être perceptibles pour vous, mais moins pour les autres. Si vous les remarquez, ce sera comme porter des lunettes pour la première fois après des années d’adaptation à un monde flou.
Les médicaments signifient : « Maintenant, il y a du boulot. »
Les médicaments vont et doivent perdre leur place en tant que stratégie principale. Même s’ils présentent un avantage certain, le plus important pour vous est de vous libérer de cette ancienne perception selon laquelle vous êtes simplement mauvais, paresseux et devez avoir honte. Et ensuite ? Le travail le plus utile consiste à trouver les mots justes pour exprimer votre propre style. Par exemple :
- votre attention est dispersée et vous avez du mal à établir des priorités,
- le passage du temps est un mystère, car 10 minutes et 3h, pour vous, c’est pareil,
- vous avez besoin de ressentir un certain stress pour vous occuper des tâches routinières,
- vous ne menez pas à bien les tâches plus importantes qui perdurent après votre premier élan d’enthousiasme,
- vous êtes perfectionniste et vous pouvez perdre votre élan dans vos projets parce qu’ils ne seront pas tout à fait ce à quoi vous vous attendiez, et vous vous laissez facilement distraire par des pensées sans rapport avec la tâche à accomplir.
Ce sont là des faiblesses potentielles.
Vous trouverez ensuite des mots pour décrire vos points forts, comme la créativité, la flexibilité et la volonté de consacrer du temps aux autres. Pour les perfectionnistes, cette introspection est censée être un processus continu, en perpétuelle évolution, alors que vous l’affinez et cherchez à identifier les points à améliorer en priorité. Fort de cette liste, vous pourrez élaborer des stratégies créatives pour corriger vos faiblesses et mettre en valeur vos atouts.
Les recherches actuelles ne révèlent pas de causes claires du TDAH dans le cerveau.
Vous constaterez tôt ou tard que des voix crédibles affirment qu’il n’existe aucune preuve génétique du TDAH, et elles ont raison. Il n’y en a pas, du moins pas encore. Cela ne signifie toutefois pas que le cerveau ou le corps n’y contribuent pas. Si vous souhaitez comprendre comment votre corps et votre cerveau influencent votre vie, cherchez des pensées et des comportements qu’il est plus correct de qualifier de forces et de faiblesses plutôt que de bons ou de mauvais. Le bien et le mal relèvent de l’âme ; les forces et les faiblesses relèvent du corps. De ce point de vue, on pourrait dire que les Écritures elles-mêmes incitent à considérer nombre de signes du TDAH chez l’adulte comme ayant une origine physique. La recherche cérébrale et biologique sur le TDAH a encore beaucoup à révéler.
Existe-t-il d’autres facteurs contributifs possibles ? Absolument. Il est préférable de ne pas se limiter à une explication du TDAH fondée uniquement sur les neurotransmetteurs. Il faut aussi prendre en compte les allergies, les TOC, des antécédents familiaux complexes, une attention éparpillée suite à un traumatisme, une connexion à Jésus-Christ incertaine, et bien d’autres choses encore. Le TDAH est une occasion d’explorer sous un angle nouveau les dimensions physiques et spirituelles du trouble déficitaire de l’attention.
Dans tout cela, souvenez-vous que Jésus est bien plus inspirant que la simple compréhension du TDAH chez l’adulte. Le TDAH fait partie intégrante du quotidien ; comment pourrait-il donc ne pas avoir une place importante dans votre vie ? Le défi est le suivant : Jésus est trop souvent tenu à l’écart de ces sujets qui vous préoccupent légitimement. Il est mis de côté pour plus tard. Prêtez attention à vos conversations, ou à votre monologue intérieur. Jésus et le TDAH se rencontrent rarement. C’est un point à travailler.
Il existe un récit poignant (et triste) dans les Écritures qui illustre ce qui arrive lorsque Jésus n’est pas au centre de tout dans notre vie. Bien que le roi Asa de Juda ait été fidèle au Seigneur dans sa jeunesse, il devint orgueilleux et se détourna de lui. Même lorsqu’il fut atteint d’une maladie, il ne se repentit pas. En 2 Chroniques 16.12, il est dit : « La trente-neuvième année de son règne, Asa eut une très grave maladie des pieds. Toutefois, même pendant sa maladie, il ne consulta pas l’Éternel, mais les médecins. » Ce récit nous rappelle de parler au Seigneur de tout et de lui faire confiance face aux difficultés de la vie. Lorsque nous consultons des médecins ou recherchons d’autres formes d’aide, il nous faut nous souvenir que Dieu est au-dessus de tout traitement et de toute stratégie. Nous le cherchons et lui faisons confiance par-dessus tout. Cela ne diminue en rien l’efficacité des différents traitements ; cela place Christ au cœur de ceux-ci, au-dessus d’eux. Il les dépasse de loin.
Cela signifie que vous apprenez à prier pour obtenir son aide. Que souhaitez-vous qu’il fasse ? Vous pourriez prier pour avoir des idées et la sagesse nécessaire pour adopter une bonne stratégie. Puis, allez plus loin. Qu’attendez-vous de lui qu’il soit le seul à pouvoir vous donner ? Autrement dit, il peut se servir d’amis et de médecins dans votre vie, mais de quoi avez-vous réellement besoin que seul Dieu puisse vous apporter ? Par exemple, vous avez besoin de pardon, d’espoir, de confiance en sa Parole, de la certitude de son amour (surtout lorsque vous vous sentez comme un fardeau et un échec), de ses paroles d’encouragement lorsque la honte se manifeste, et d’un amour plus profond pour les autres.
Parlez de Jésus autant que vous parlez du TDAH. Apprenez à mieux le connaître. J.I. Packer a écrit que « connaître Dieu c’est rentrer dans une relation propre à bouleverser le cœur d’un homme. »[2] Cela devrait être notre plus haute aspiration.



















