Je sais bien que je ne suis pas un meneur hors-norme, mais avec le temps, j'ai appris deux choses importantes et intimement liées sur le leadership. L'apitoiement sur soi-même est le pire sentiment qu'un leader puisse cultiver, et se plaindre devant les autres est la pire attitude qu'un leader puisse adopter.
Je suis conscient qu'il y a des moments appropriés pour vider son sac. Je sais aussi qu'il n'est pas toujours sage d'endurer l'injustice en silence. Je ne veux pas encourager les leaders à être froids et indifférents face à la souffrance. Ce que je veux dire, et même, ce que je souhaite, c'est que les leaders n'expriment pas de plaintes.
Si vous êtes leader, par définition des personnes vous suivent. Vous prenez donc souvent des décisions qui ont un impact sur les autres. Il vous arrive parfois d'avoir le dernier mot. Votre voix porte plus que celle des autres. Vous avez certes de grandes responsabilités, mais aussi des opportunités uniques. Voilà ce que signifie être un leader.
Il m'arrive de rencontrer des leaders qui aimeraient avoir beaucoup de pouvoir sans avoir à en supporter les désagréments. Mais voilà, cela ne peut pas fonctionner ainsi. Plus le nombre de personnes qui se confient à vous est grand, plus le risque de conflits augmente. Plus ceux qui écoutent vos messages, suivent vos tweets ou lisent vos publications sont nombreux, plus vous avez d'occasions d'être désapprouvé. C'est une des lois incontestables du leadership : plus votre influence s'étend, plus les objections sont fréquentes. Ne soyez pas surpris par les épreuves. Ne vous laissez pas surprendre par l'opposition. Ne laissez pas s'enraciner en vous la laideur de la manipulation, la faiblesse d'un comportement passif ou agressif, la lâcheté de la vengeance.
Soyez vigilant, l'apitoiement sur soi se propage comme la gangrène. Les leaders méritent-ils tout ce que l'on dit sur eux ? Probablement pas. Sont-ils dignes du pouvoir, des chances et des privilèges qu'on leur a donnés ? Certainement pas non plus. Me sentir désolé pour moi-même lorsque les gens n'aiment pas mes idées, interprètent mal mes motivations ou oublient ce que j'ai accompli par le passé ne peut rien apporter de bon. Crier à Dieu est une chose, et même, une très bonne chose. Mais s'apitoyer sur soi-même, c'est « se regarder le nombril », se lamenter et prendre plaisir à s'écouter encore et encore.
Les leaders ont des sentiments et des émotions. Ils peuvent être blessés et découragés. Ils sont parfois obligés de battre en retraite. Mais ils ne devraient jamais s'apitoyer sur eux-mêmes.
Traduction: Myriam Legrand
































